mercredi 2 juin 2010

La collec' du grand Carl

C’est un élément fondateur de la conchyliologie en particulier, et de l’histoire naturelle en général, qui a été mis en ligne sur le site du Muséum d’histoire naturelle (NHM) de Londres : rien moins que les 3 054 spécimens de mollusques réunis par le grand naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), et rachetés en 1784 à sa veuve par Sir James Edward Smith, fondateur et premier président de la Linnean Society. Soit 585 espèces qui viennent rejoindre l’herbier et les collections de poissons et d’insectes.


Si la présentation de la collection exclut toute fioriture au point de friser avec l’ascèse, les photos sont remarquablement précises, et un système de zoom permet de percevoir tous les détails des coquilles – pour la plupart assez bien conservées si l’on considère leur âge canonique. Bonne idée, les photos sont accompagnées d’un fac-similé des fiches rédigées par Sir Peter Dance lors de la préparation, en 1967, d’un article sur la collection. Ce qui permet en partie de répondre à certaines questions d’identification, lorsque qu’il y a manifestement incohérence entre l’espèce indiquée et le spécimen illustré – c’est ainsi que l’on apprend, par exemple, comment le lectotype de Conus aulicus a été choisi par Alan Kohn parmi la collection Gualtieri, les spécimens ainsi étiquetés dans celle de Linné appartenant plutôt aux espèces Conus omaria et episcopus. Un contenu taxonomique plus évolué, préparé par Kathie Way du NHM, devrait d’ailleurs compléter le site avant la fin de l’année 2010.

mardi 4 mai 2010

On le nérite bien

Cette belle petite espèce vit en eau douce, dans les rivières et ruisseaux d'Amérique du sud et d'Amérique centrale, du Mexique au Pérou. Neritina latissima Broderip, 1833 fait partie de la mésestimée famille des Neritidae ; la coquille est souvent moins spectaculaire, simple et ronde, mais dans certaines populations les spécimens sont ainsi aplatis, l'ouverture spectaculairement évasée. Ceux-là proviennent de la petite île de Gobernadora, sur la côte pacifique du Panama.


Neritina latissima Broderip, 1833 - 28 mm, Panama

vendredi 2 avril 2010

Niger with attitude (2)

Suite du billet naguère consacré au phénomène de rostration et de nigerisation avec ces clichés de quelques autres spécimens :

Cypraea erosa Linné 1758 - 40 mm, Nouvelle Calédonie

Cypraea eglantina Duclos, 1833 - 61 mm, Nouvelle Calédonie

Cypraea cribaria Linné 1758 - 28 mm, Nouvelle Calédonie

Cypraea caurica Linné 1758 - 40 mm, Nouvelle Calédonie

Cypraea arabica Linné 1758 - 55 mm, Nouvelle Calédonie

mardi 16 mars 2010

Close-up

Bursa foliata Broderip, 1825 - Mozambique, 87 mm

Distorsio anus Linné, 1758 - Vietnam, 76 mm

Harpa cabriti Fischer, 1860 - Madagascar, 79 mm

jeudi 4 février 2010

Plat, ô fruit de mer

Biplex perca Perry, 1811 - 67 mm, Vietnam

Cette curieuse espèce habite les profondeurs du Pacifique - elle y est courante, encore faut-il aller la chercher par dragage ou chalutage. Un grand classique des collections, caractérisé par un profil en lame de couteau commun à la poignée de membres de ce genre appartenant aux Ranellidae - perca vient probablement du latin percutio, frapper au sens de frapper la monnaie.

La forme de la coquille trahit une croissance discontinue, par demi-tours de spire entrecoupés de pauses pendant lesquelles l'animal secrète ces varices spectaculaires. Les Biplex perca sont carnivores.

lundi 11 janvier 2010

Le chien chie là

Attention, âmes sensibles s'abstenir.

Une plage de Martinique ou d'un ailleurs tropical, dans la chaleur d'une fin après-midi. Sur le sable par les vagues léché, le chien chie. Là. Quelques jours ou quelques semaines plus tard, un innocent pied nu fait crisser sous ses orteils les grains blonds. Résultat :


Le "vers chien" - Ankylostoma caninum, qui provoque une affection appelée larva migrans - a saisi l'occasion d'une minuscule plaie créée par une piqûre de moustique pour commencer sa lente remontée dans le réseau veineux. Le propriétaire de ce pied eut-il été canin que le vers aurait terminé dans son intestin, pour un nouveau cycle parasitaire. Pas de chance (pour personne), il était humain. Perdu pour perdu, le vers déclenche alors un prurit à s'arracher la peau et les chairs. Rien de grave, un simple comprimé stoppera la course folle du monstre.

La solution ? Interdire les chiens sur la plage (illusoire) ou y porter des chaussettes (ridicule). A propos, je serais d'ici peu en Martinique pour une courte étape conchyliologique. Si vous avez des coquilles locales à échanger, n'hésitez pas à me contacter. Pour me reconnaître là bas, c'est simple : je ne porterai pas de chaussettes.

Sinon, la Martinique, c'est aussi ça :

Martinique, baie du Diamant

jeudi 7 janvier 2010

Cônes tueurs dans le Monde

Siratus, sur son blog Vogue la galère, nous apprend l'existence d'un - remarquable quoique bizarrement titré - article paru dans le quotidien Le Monde du 2 janvier : Lourdes Cruz : la dame et son tueur fourbe. Signé Annick Cojean, il trace le portrait de Lourdes Cruz, chercheuse aux Philippines qui s'intéresse depuis 30 ans aux cônes venimeux, et en particulier à l'un des plus redoutable d'entre eux, Conus geographus. C'est en accès libre, pour l'instant du moins.